« Vercors - Histoire du relief » cité à la page Bibliographie.
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Nous nous bornerons ici - à une exception près - à
cette simple mention des appareils glaciaires du sud du Vercors.
Le massif du Vercors, en effet, s'il n'a jamais
été recouvert par une calotte continue, a toutefois
abrité de nombreux glaciers locaux.
C'est ainsi que le bassin de Chichilianne a été
occupé, même au Würm, par un appareil descendu
du Pas de l'Aiguille, qui a laissé sa trace dans
le paysage sous forme de deux moraines latérales (voir photo ci-dessous).
La moraine rive gauche (Côte de Peyre Rouge)
porte le hameau de Ruthières et se présente sous
la forme d'une moraine à double crête.
La moraine rive droite montre un beau bloc erratique,
utilisè comme école d'escalade.
C'est la face nord du Grand Veymont qui, de même,
alimentait le glacier de Gresse-en-Vercors. Ici,
c'est une formation assez inhabituelle dans nos Alpes
qui retient l'attention : un drumlin s'élève
dans le fond de la vallée, au sud-ouest de Gresse-en-Vercors,
c'est la butte de Gressette.
Nous reviendrons ultérieurement, avec des documents graphiques, sur ces deux
glaciers locaux.
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Cette formation
très caractéristique dénote le passage d'un glacier, ici de gauche à droite,
l'épaisseur de glace au-dessus des sillons étant d'une cinquantaine de
mètres. Ceci place la surface du glacier würmien à 1680 m environ à cet endroit. |
Il s'agissait là du glacier qui remplissait la partie supérieure
du vallon de Combeau.
Certes, l'altitude des sommets environnants est relativement faible : 1951
m à Tête Chevalière ainsi qu'à la Croix
de Lautaret, 1972 m au Sommet de la Montagnette.
Mais
la surface du plateau, de l'ordre de 2 km², ainsi que la faible déclivité
du terrain au-dessus de 1800 m, permettait l'accumulation d'une quantité importante
de glace, génératrice d'une topographie particulière, le fjell.
Il s'agit d'une surface rocheuse bosselée sur laquelle alternent des petits
reliefs raclés ou polis par la glace (roches moutonnées)
et de petites dépressions (A. Marnezi, 1980,
cité par J. J. Delannoy).
Une partie de ses glaces se déversait vers l'ouest, alors qu'une autre partie
dévalait, vers le sud, la vallée de Combeau.
Mais on peut remarquer qu'au nord du col de la Lauzette,
l'arête qui sépare la vallée de Combeau de celle
de Chichilianne ne s'élève qu'à 1714 m, 1691
m à la Tête de Praorcel, moins encore plus à
l'amont lorsqu'on s'approche du Pas de l'Essaure.
Puisque donc au col de la Laurette, il s'élevait
à 1680 m, le glacier devait donc, dans toute cette zone, dominer le versant Trièves par une petite falaise de glace et y
déverser une partie de ses glaces.
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Quelque chose d'analogue, en quelque sorte et toutes proportions gardées,
bien entendu, à la falaise de glace de l'appareil sommital du Nevado
Huascaran Norte (Cordillera Blanca, Pérou). Photo extraite du très bel ouvrage |
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La carte ci-contre précise l'emplacement du glacier dans le massif du Vercors. |


| UTILISATION DE GOOGLE EARTH POUR UNE VISUALISATION EN RELIEF Google Earth (que l'on peut charger par http://earth.google.com ) permet une visualisation très efficace des paysages. Pour cela, il convient d'effectuer les opérations suivantes : 2 - copier ici les coordonnées suivantes: 44 44 03 N,5 33 27 E 3 - les coller (paste) dans la fenêtre d'adresse de Google Earth 4 - entrer ces données par le bouton "Search" 5 - après apparition de l'image, reprendre de l'altitude par le bouton - (altitude conseillée = 15 km environ) 6 - enfin, on acquiérera la perception du relief, en agissant d'abord sur le bouton d'inclinaison, puis sur celui de rotation. Lors de la rotation, le mouvement fait apparaître
le relief d'une façon étonnante.
Le résultat
est tout à fait remarquable et bien supérieur à ce que ce que l'on peut
obtenir d'une simple photo!
Cette procédure peut être appliquée à d'autres pages du site, nous l'indiquons au passage, ou ici. |
Le glacier de Tête Chevalière atteignait-il la vallée principale, celle du Sareymond ?
Nous pensons que c'était le cas, sur la base des deux observations suivantes :
-- la présence d'une riche prairie, rive droite du ruisseau de Combau, au sud de la piste qui donne accès à la bergerie de Tussac, prairie qui culmine à 1160 m. Sur l'autre rive du ruisseau de Combau, il semble bien qu'il y ait également des prairies à la même altitude. Or on sait que, dans les Alpes, la présence d'une prairie est en général révélatrice d'un dépôt glaciaire.
-- rive gauche de la vallée du Sareymond, qui arrose les Nonniéres, le versant d'érosion du Sapey qui s'élève jusqu'à 1100 m, se situe en face du débouché du vallon de Combau.
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Ces eaux ont creusé
ce ravin de Drogat, vallon quasiment sec
actuellement, excepté pendant les gros orages où elles retrouvent leur
vigueur d'autrefois. Il s'agit en quelque sorte d'un ravin de diffluence, analogue aux ravines de diffluence auxquelles nous avons consacré une page. Photo prise du Mont Barral.
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Enfin, un peu plus
au nord, le spectaculaire Ravin des Arches,
l'une des curiosités de Chichilianne, nous
paraît avoir été creusé également essentiellement par les eaux de fonte
du glacier de calotte de Tête Chevalière. Mais l'ampleur de ce ravin est telle que la faible étendue de la calotte en amont du ravin est insuffisante pour en expliquer le creusement. Il nous paraît nécessaire, pour cela, de prendre en compte l'action de glaciations antérieures, pendant lesquelles les falaises se situaient plus loin à l'est et au nord et où , en conséquence, le volume des glaces, donc celui des eaux glaciaires, était plus important. |
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Les versants du Ravin des Arches défient le grimpeur le plus audacieux. |