LES NUNATAKS

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NUNATAK, subst. masc.
GÉOGR. Piton rocheux émergeant au-dessus de la calotte glaciaire. Prononc. et Orth.: [nynatak]. Plur. des nunataks. Étymol. et Hist. 1906 (CHARCOT, Expéd. antarct. fr., p.14). Mot esquimau de même sens. Bbg. QUEM. DDL t. 5.

Un nunatak -- d'un mot inuktituk qui signifie "pic isolé" -- est une montagne non recouvertes par glaciers.
Actuellement, on en rencontre au Groenland, au Canada ou en Antarctique.
En voici quelques exemples :

 

Un nunatak particulièrement remarquable dans l'ile d'Ellesmere

 

 

Encyclopédie Canadienne

Une "forêt" de nunataks sur la côte est du Groenland

 

 

 

Wikipedia

GALERIE Nunataks dans Tongass National Forest

Pour nous, qui nous intéressons tout spécialement aux glaciers alpins, il s'agira bien entendu d'un relief fossile, émergeant des vastes étendues glaciaires des glaciations quaternaire.
Il ne faut pas confondre les nunataks avec les horns ni avec les cornes, étudiés dans d'autres pages de ce site.

D'autre part, nous utiliserons ce terme stricto sensu, c'est-à-dire en nous bornant à des pics isolés et non à des chaînons, comme le font certains auteurs.
Enfin, nous le réserverons à des sommets qui émergeaient lors du pléniglaciaire, car, la liste serait bien trop longue de ceux qui faisaient surface lors des phases de retrait.

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QULQUES NUNATAKS ALPINS

Les Alpes présentent en effet quelques-uns de ces reliefs.

Le Rocher du Roux (1561 m), en contrebas de la Tournette (Savoie, massif Bornes-Aravis), dépassait d'une centaine de mètres la surface du glacier qui empruntait la cluse d'Annecy.

En arriére-plan, le massif des Bauges.

 

 


L'Aiguille Rouge (2548 m) entre col des Thures et col de l'Echelle, dans la vallée de la Clarée (Hautes-Alpes) dominait de 250 m environ le glacier de la Vallée Etroite.

Carte visible ICI


Un nunutak en Oisans : Seul le sommet de Pied Moutet (Oisans, Isère) émergeait de la vaste étendue de glace formée par la réunion des glaciers de la Romanche et du Vénéon.

En grisé, le niveau du glacier.



Entre Cluses et Genève, le petit massif bien individualisé du Môle, s'élevait de 400 à 500 mau-dessus du glacier würmien

Voici enfin Clôt la Cime, petit sommet qui domine le barrage de Serre-Ponçon.
Peut-il s'agir d'un nunatak, émergeant jadis du glacier de la Durance ?

Nous renvoyons le lecteur à la page

Pour_en_savoir_plus/environs_gap.htm

où il constatera qu'au maximum du Würm, le glacier de la Durance arrivait sensiblement au niveau de son sommet (1594 m). La carte au 1/25 000 montre que ce sommet est un petit plateau, ce que suggére d'ailleurs son nom, de "clot" (replat dans une pente), situé ici à la cime.

Il ne s'agit donc pas d'un nunatak, mais plutôt d'un jardin c'est-à-dire (par analogie avec le Jardin de Talèfre à Chamonix), d'un ilôt rocheux plan dont la surface émergeait à peine du glacier.

Par contre, le Mont Colombis (1733 m), plus prés de Gap, était un nunatak.