Deux méthodes
peuvent être utilisées pour déterminer l'altitude atteinte par les glaces dans
les vallées alpines :
La méthode
théorique fournit toutefois une valeur minimum
de l'altitude des glaces.
___________________________________________________________________________________
Les repères morphologiques que l'on peut
utiliser pour l' analyse
morphologique glaciaire sont les suivants -- et le lecteur
retrouvera ici quelques-unes des pages qu'il vient de parcourir :
-- les roches moutonnées et autres formes
mineures
-- les rebords d'auge et les épaulements
-- les moraines latérales et les dépôts
glaciaires
-- les sillons marginaux d'épaulement
et de diffluence
Les versants d'érosion glaciaires peuvent également fournir des indications intéressantes
LA METHODE
Les
tableaux que l'on pourra consulter sur les pages
annexes
relatives à chaque vallée indiquent la nature de chacun des sites
: roches moutonnées, rebords d'auge, épaulements,
moraines, dépôts morainiques et sillons marginaux. L'altitude
de surface du glacier à l'emplacement de chaque site caractéristique
a été déterminée en appliquant les règles
suivantes :
La
surface du glacier se situait approximativement
: Nous venons de dire "approximativement", nous réservant de préciser ce point dans les diverses pages secondaires que l'on rencontrera au fil de cette étude, en particulier à la page Pour en savoir plus sur l'utilisation et les applications de l'analyse morphologique glaciaire. Cette première approximation nous a permis de reporter les coordonnées de ces sites caractéristiques sur des graphiques relatifs à chacune des vallées étudiées. Nous avons ajouté les surfaces pléniglaciaires würmiennes et rissiennes déterminées à l'aide de la formule. Les points représentatifs des affluents ont
été portés sur des graphiques complémentaires.
On pourra voir que la pente des affluents est toujours supérieure à celle des glaciers de vallées. |
|
LES RESULTATS EN QUELQUES LIGNES
On peut donner les ordres de grandeur suivants de l'altitude atteinte par les glaciers au dessus de quelques points caractéristiques de diverses vallées : Vallées de la Romanche et du Vénéon : -
Le Bourg d'Oisans : 1760 m au Würm, 1850 m au Riss
- Col du Glandon : 2300 m - La Grave : 2500 m - La Bérarde : 2600 m Vallée de l'Isère : -
Grenoble : 1220 m au Würm, 1310 m au Riss
- Albertville : 1900 m - Moûtiers : 2000 m - Bourg Saint Maurice : 2200 m Bassin du Drac - 1400 à 1500 m au Riss. - Au Würm, le bassin n'était pas englacé Vallée
de l'Arc : -
Embrun : 1800 m au Würm - Briançon : 2150 m au Würm - Abries : 2500 m |
Nos conclusions seront les suivantes :
- La formule de Nye-Lliboutry,
si elle s'applique correctement dans le cas de vallées suffisamment
larges, se trouve en défaut lorsque celles-ci deviennent trop étroites.
L'étude des glaciers actuels montre que, lorsque la largeur de la vallée devient inférieure à 3 ou 4 km, la surface de la glace se situe à une altitude supérieure à celle indiquée par la formule. - L'analyse morphologique glaciaire permet de déterminer l'altitude maximum atteinte par les glaciers lors des dernières glaciations en utilisant les repères morphologiques que constituent, entre autres, les dépôts glaciaires, les roches moutonnées, les rebords d'auge ainsi que les sillons marginaux. Ces derniers, bien que peu étudiés jusqu'à présent, sont relativement abondants dans les hautes vallées et des critères de reconnaissance permettent de les identifier dans les paysages. En définitive, s'il est certain que la méthode d'analyse morphologique glaciaire utilisée, basée essentiellement sur l'examen des repères morphologiques et le tracé de graphiques, permet une meilleure connaissance de l'altitude de la surface des glaciers, il apparaît que des études complémentaires sont nécessaires, en particulier : - détermination plus précise de l'épaisseur de glace
nécessaire au façonnement des roches moutonnées,
des rebords d'auge et des sillons
rocheux et vallonnés
- recherche de sites caractéristiques complémentaires à ceux présentés ici. - extension du domaine étudié aux vallées de l'Arve et du Rhône. - attribution plus précise des repères morphologiques au Riss ou au Würm. |