ALTITUDE ATTEINTE PAR LES GLACIERS DANS LES ALPES
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Les grands glaciers quaternaires ont atteint dans les vallées alpines des altitudes très importantes : c'est ainsi qu'à la verticale de Grenoble, le glacier würmien de l'Isère avait sa surface à 1200 m et que le glacier de la Romanche s'élevait à 2650 m au dessus du col d'Arsine.

Toutefois les Alpes n'ont jamais été recouvertes d'une calotte glaciaire comparable à celles de l'Antarctique ou du Groenland et les principaux sommets n'ont jamais été recouverts. Les vallées voyaient bien passer des fleuves de glace gigantesques mais les arêtes qui les séparaient émergeaient, en longues crêtes bordées d'innombrables cirques.
Dans la terminologie anglo-saxonne, le niveau maximum atteint par les glaciers würmiens est le LGM ( last glacial maximum ).

Nous le verrons plus loin, la surface des anciens glaciers se raccordait, en bien des endroits, à celle des glaciers actuels, signe que la très haute montagne n'était guère plus englacée que de nos jours.
Ce fait est corroboré d'ailleurs par l'examen des hauts sommets: les faces, les arêtes sont déchiquetées, reflet d'une érosion périglaciaire (couple gel - dégel) et non lissés par le passage des glaces


Deux méthodes peuvent être utilisées pour déterminer l'altitude atteinte par les glaces dans les vallées alpines :

-- une méthode théorique, utilisant une formule mathématique qui reflète les propriétés physiques de la glace
-- une méthode basée sur l'observation directe du modelé glaciaire dans les paysages, méthode dite d'analyse morphologique glaciaire.

Ces deux méthodes se complètent, mais l'approche théorique du problème ne peut s'appliquer qu'à des vallées suffisamment larges, comme c'est le cas des parties inférieures des vallées du Rhône, de l'Isère et de la Durance. Plus haut dans les vallées, ou encore dans celles trop étroites, les effets de parois se faisaient sentir et la formule ne s'applique plus.
Nos études montrent que c'est au dessus d'une largeur de l'ordre de 4 km que l'approche théorique fournit des résultats valables. En dessous de cette largeur, seul l'examen du modelé glaciaire pourra donc permettre de déterminer l'altitude atteinte par les glaces dans les vallées.

La méthode théorique fournit toutefois une valeur minimum de l'altitude des glaces.

Pour en savoir plus sur l'approche théorique et son application aux grands glaciers quaternaires

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Les repères morphologiques que l'on peut utiliser pour l' analyse morphologique glaciaire sont les suivants -- et le lecteur retrouvera ici quelques-unes des pages qu'il vient de parcourir :

-- les roches moutonnées et autres formes mineures
-- les rebords d'auge et les épaulements
-- les moraines latérales et les dépôts glaciaires
-- les sillons marginaux d'épaulement et de diffluence

Les versants d'érosion glaciaires peuvent également fournir des indications intéressantes



L'étude originale qui est présentée ici a porté sur à peu près 200 sites porteurs de repères morphologiques, 35 d'entre eux provenant de la littérature et des cartes géologiques et les 165 autres de recherches personnelles sur le terrain.

Ces sites se répartissent dans les principales vallées des Alpes françaises, leurs situations étant précisées sur des cartes figurant dans chacune des pages suivantes. Leurs coordonnées exactes sont également indiquées.

Nous n'examinerons ici que les principes de base et quelques-uns des résultats de cette étude, renvoyant le lecteur à ces pages complémentaires pour de plus amples renseignements, en particulier à la page

Pour en savoir plus sur l'utilisation et les applications de l'analyse morphologique glaciaire

LA METHODE

Les tableaux que l'on pourra consulter sur les pages annexes relatives à chaque vallée indiquent la nature de chacun des sites : roches moutonnées, rebords d'auge, épaulements, moraines, dépôts morainiques et sillons marginaux. L'altitude de surface du glacier à l'emplacement de chaque site caractéristique a été déterminée en appliquant les règles suivantes :

La surface du glacier se situait approximativement :
- au niveau des crêtes des moraines latérales
- au niveau ou à un niveau supérieur à celui des dépôts morainiques
Elle dépassait de :

- 100 mètres le niveau du fond des sillons marginaux rocheux les plus élevés
- 50 mètres celui du fond des sillons marginaux vallonnés les plus élevés
- 50 mètres celui du sommet des roches moutonnées.

Ces valeurs résultent de la comparaison, sur les quelques sites qui le permettent, des altitudes de sillons et de moraines latérales voisines. En ce qui concerne les roches moutonnées, il s'agit de la transposition chiffrée de la valeur couramment admise de "quelques dizaines de mètres".

Nous venons de dire "approximativement"
, nous réservant de préciser ce point dans les diverses pages secondaires que l'on rencontrera au fil de cette étude, en particulier à la page Pour en savoir plus sur l'utilisation et les applications de l'analyse morphologique glaciaire.

Cette première approximation nous a permis de reporter
les coordonnées de ces sites caractéristiques sur des graphiques relatifs à chacune des vallées étudiées. Nous avons ajouté les surfaces pléniglaciaires würmiennes et rissiennes déterminées à l'aide de la formule.
Les points représentatifs des affluents ont été portés sur des graphiques complémentaires.

On pourra voir que la pente des affluents est toujours supérieure à celle des glaciers de vallées.



LES RESULTATS EN QUELQUES LIGNES

On peut donner les ordres de grandeur suivants de l'altitude atteinte par les glaciers au dessus de quelques points caractéristiques de diverses vallées :

Vallées de la Romanche et du Vénéon :
- Le Bourg d'Oisans : 1760 m au Würm, 1850 m au Riss
- Col du Glandon : 2300 m - La Grave : 2500 m
- La Bérarde : 2600 m


Vallée de l'Isère :
- Grenoble : 1220 m au Würm, 1310 m au Riss
- Albertville : 1900 m
- Moûtiers : 2000 m
- Bourg Saint Maurice : 2200 m


Bassin du Drac
- 1400 à 1500 m au Riss.
- Au Würm, le bassin n'était pas englacé


Vallée de l'Arc :
- Saint Jean de Maurienne: 2100 m

Vallées de la Durance et de ses affluents :
- Embrun : 1800 m au Würm
- Briançon : 2150 m au Würm
- Abries : 2500 m





LES RESULTATS DETAILLES

Les résultats détaillés de l'étude, ainsi que quelques cartes de zones particulièrement intéressantes ( Cols du Mont Cenis, du Lautaret, de l'Échelle et Bayard, seuil de Laye, lacs du bassin du Drac, environs de Grenoble, etc) figurent dans les pages suivantes :
























Détermination de la glaciation responsable du modelé glaciaire


Nos conclusions seront les suivantes :

- La formule de Nye-Lliboutry, si elle s'applique correctement dans le cas de vallées suffisamment larges, se trouve en défaut lorsque celles-ci deviennent trop étroites.
L'étude des glaciers actuels montre que, lorsque la largeur de la vallée devient inférieure à 3 ou 4 km, la surface de la glace se situe à une altitude supérieure à celle indiquée par la formule.

- L'analyse morphologique glaciaire permet de déterminer l'altitude maximum atteinte par les glaciers lors des dernières glaciations en utilisant les repères morphologiques que constituent, entre autres, les dépôts glaciaires, les roches moutonnées, les rebords d'auge ainsi que les sillons marginaux.

Ces derniers, bien que peu étudiés jusqu'à présent, sont relativement abondants dans les hautes vallées et des critères de reconnaissance permettent de les identifier dans les paysages.

En définitive, s'il est certain que la méthode d'analyse morphologique glaciaire utilisée, basée essentiellement sur l'examen des repères morphologiques et le tracé de graphiques, permet une meilleure connaissance de l'altitude de la surface des glaciers, il apparaît que des études complémentaires sont nécessaires, en particulier :
- détermination plus précise de l'épaisseur de glace nécessaire au façonnement des roches moutonnées, des rebords d'auge et des sillons rocheux et vallonnés
- recherche de sites caractéristiques complémentaires à ceux présentés ici.
- extension du domaine étudié aux vallées de l'Arve et du Rhône.
- attribution plus précise des repères morphologiques au Riss ou au Würm.



Altitude atteinte par les glaciers dans la vallée ....


...... de l'Arc
et ..................... ses sites caractéristiques
...... du Drac et .....................ses sites caractéristiques
...... de la Durance et .........ses sites caractéristiques
...... de l'Eau d'Olle et .........ses sites caractéristiques
...... de l'Isère et ...................ses sites caractéristiques
...... de la Romanche et .... ses sites caractéristiques
..... du Vénéon et ................ses sites caractéristiques
..... dans le Vercors
..... dans les massifs subalpins du Nord
..... dans le Massif du Mont Blanc
..... sur le versant méditerranéen des Alpes

Sites caractéristiques de la vallée du Guil et de la Vallée Étroite

La basse vallée de l'Isère

Le lobe terminal du glacier rissien de l'Isère - Comparaison avec les glaciers du Spitzberg, d'Alaska et d'Islande
La Bièvre-Valloire au Riss et au Würm
Le Plateau de Chambaran et la Forêt de Bonnevaux
Les glaciers de l'ombilic grenoblois
Les sites élevés du Grésivaudan
Les sites élevés d'Ancelle-Orcières


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