FORMES DUES A LA GELIFRACTION


ABRIS SOUS ROCHE, CLAPIERS, GREZES LITEES .......

115 15/08/2010

Voici un abri sous roche situé dans les gorges d'Engins, Isère.
Les eaux d'infiltration suintent à la base de cette falaise, en humidifiant la paroi.
Elles gèlent en hiver, entraînant une desquamation du rocher qui se creuse en surplomb.


Un autre abri sous roche remarquable, la Pardina du canyon d'Aniscle ( Pyrénées espagnoles ), parcourue sur toute sa longueur par un sentier.

La gélifraction ne s'est pas bornée à creuser des abris sous roche ( parfois appelés "baumes" ) à la base des falaises, principalement des falaises calcaires. Elle a aussi attaqué toutes les parois verticales, et précipité en bas de celles-ci des quantité très importantes de fragments de roches.
C'est ainsi que ce sont constituées les pentes d'éboulis, si fréquentes en particulier en Oisans et dans les Alpes du Sud et appelées "casses" ou "clapiers" dans ces montagnes.
En voici quelques exemples:


Les casses du versant est du Pic de Bure ( Dévoluy, Hautes-Alpes ).

Au premier plan, un abri sous roche situé sous le col de Rabou.


Les immenses casses du versant ouest de la crête de Blayeul ( Région de Digne, Alpes-de-Haute-Provence ), datées de l'interglaciaires Mindel - Riss.
Par endroits, des circulations d'eaux calcaires ont édifié, sous la surface de l'éboulis, ces demoiselles coiffées ( décoiffées ici ) découvertes ensuite par l'érosion.

Voici des grézes litées ( ici sous le Chapeau de l'Evéque prés Lesdiguiéres, Vallée du Drac, Isère ).
Ces grézes résultent de coulées successives de pierrailles mélées de neige, consolidées ultérieurement par des ciculations d'eaux.



....... ET PSEUDOS- CLAPIERS ?

Le terme "clapier" peut revêtir deux sens différents:

- soit celui qui a été utilisé jusqu'à présent dans notre étude ,c'est-à-dire pente d'éboulis
- soit les amas de pierres que les paysans, au fil des siècles, ont constitué en épierrant leurs champs et leurs pâtures et que nous appellerons « clapiers paysans ». Ces derniers sont caractérisés par une section relativement triangulaire, qui peut atteindre et dépasser 1 m de hauteur.


Ce que nous appelons « pseudo-clapiers » sont de petits champs de pierres qui, à grande distance, peuvent être confondus avec les clapiers paysans, Cette ressemblance disparaît toutefois si l'on s'en approche.
Ce type de modelé, peu fréquent, se rencontre sur des sols peu ou moyennement inclinés, mais ils sont à chaque fois en nombre suffisant pour que l'on ne puisse considérer qu'il s'agit de cas exceptionnels. Par ailleurs, ils se situent sur des terrains pauvres et à des altitudes telles que l'action de la main humaine ne nous semble pas pouvoir être envisagée.

Ils se présentent sous forme de petites étendues de pierres étalées sur le sol, comme un dallage comportant une seule couche d'éléments. Ils sont plans, parfois à peu près circulaires, d'autres fois allongés et mesurent de deux à cinq mètres,

En voici deux exemples, photographiés dans le sud du Vercors, au dessus du col de Léoncel (Drôme).
Ils se situent sur un plateau de calcaire urgonien, à une altitude de l'ordre de 1000 m.





Nous avons également rencontré ce type de formation sous le sommet du Quigouret, dans la vallée du Buëch, qui prend naissance au col de la Croix Haute (Drôme).
L'altitude est ici de 1450 à 1500 m et le terrain est formé de calcaire du Jurassique supérieur.
Au total, ce site comprend plusieurs dizaines de formations analogues.

Il nous semble que ces « pseudo-clapiers » doivent résulter de l'action du gel sur des blocs beaucoup plus importants, qui ont été ainsi débités en fragments - ultérieurement étalés sur le sol par la gélifluxion - d'où le classement - un peu arbitraire - de ces formations dans cette page consacrée aux phénomènes de gélifraction.

Mais, si l'on admet notre hypothèse, reste à expliquer la provenance des gros blocs d'origine.

Dans le cas des pseudo-clapiers de la vallée du Buëch, une origine glaciaire pourrait être évoquée : il s'agirait de blocs erratiques déposés lors d'une glaciation très ancienne. L'altitude de l'ordre de 1450 à 1500 m nous incline à incriminer la glaciation la Molière, qui atteignait ici une altitude de cet ordre. Par ailleurs, le relief sur lequel reposent ces pseudo clapiers évoque tout à fait une moraine



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