EFFICACITES
COMPAREES DES EROSIONS GLACIAIRE ET FLUVIALE
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Les mécanismes
de l'érosion glaciaire sont encore relativement mal connus, en particulier
son intensité.
Trois écoles se sont affrontées dans ce domaine, les ultra-glacialistes,
les anti-glacialistes et les transactionnels.
"Les ultra-glacialistes
font de la glace le plus actif des agents d'érosion : la glace peut
creuser profondément et indépendamment de la topographie préglaciaire
.
Les anti-glacialistes admettent que les glaciers
protègent le relief qu'il recouvre. Tout au plus les débris
superficiels sont-ils transportés.
Les transactionnels admettent que le glacier
peut creuser, mais qu'il ne peut pas aménager une topographie en faisant
table rase de la surface préglaciaire." (M.DERRUAU)
| Un
exemple d'érosion glaciaire vue par un transactionnel
: La Yosemite Valley (USA), avant (à gauche) et après (à droite) le passage des glaciers. |
|
![]() |
d'après
Matthes, 1930 dans M.Campy et J.J.Macaire, (Géologie des formations superficielles) |
Il
s'agit bien ici d'une interprétation transactionnelle
du relief . |
Il est
plus difficile, par contre, d'estimer son importance dans le façonnement
des parties supérieures des reliefs, au-dessus des épaulements.
Certes, une grande partie de celles-ci se présentent, dans les Alpes
, sous la forme de surfaces
reliques (Chamrousse, plateau des lacs
du Taillefer (Isère) par exemple). Mais
qui peut dire quelle était l'épaisseur des terrains sédimentaires
qui recouvraient ces surfaces avant les glaciations quaternaires ?
Nous serons donc très prudents dans ce domaine, tout en maintenant
que l'érosion glaciaire était la plus efficace dans les vallées
elles-mêmes.
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Une étude toute récente, portant sur le rôle joué
par les glaciers dans la formation du relief de la chaîne des Coast
Moutains (British Columbia, Canada), vient d'apporter de l'eau à
notre moulin.
Cette étude a fait l'objet d'un article dans la revue Sciences,
sous la signature de D. Shuster et al.
On trouvera
la référence de cet article en Bibliographie
et un court résumé à la page Thermochronométrie
par les isotopes de l'hélium et application à la mesure de
la vitesse de l'érosion glaciaire
Nous nous bornerons ici à en citer la conclusion principale, en reprenant
les termes d'une note parue dans La Recherche
N° 394 de février 2006 :
«
l'étude a montré que la vitesse de creusement de la vallée
avait été multipliée par six à compter du moment
où le glacier s'est mis en place, il y a 1,8 millions d'années
».