DU GLACIER HUBBARD A CELUI DE LA BONNE
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La langue terminale
du glacier Hubbard vient parfois barrer
le débouché du fjord Russel
en s'appuyant sur le promontoire de Gilbert Point
(flèche rouge). |
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En mai 2002,
début de fermeture de l'entrée du fjord
Russel par la glace et la moraine de poussée du glacier
Hubbard, s'approchant de Gilbert Point. |
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En juin, l'écoulement des eaux avait à peu près cessé et le niveau du lac s'élevait de 0,24 m par jour. La lutte entre l'avancement de la glace et de sa moraine et l'érosion de celle-ci par les eaux ....... |
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s'est terminée fin juin par la fermeture complète du passage.
Le
niveau du lac s'était alors élevé de 18 m 60. |
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Le barrage de
glace et de moraine a alors été emporté en l'espace
de quelques heures. |
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Le lac a retrouvé
son niveau normal ou début de l'après-midi du 15 août.
La débâcle avait duré 36 heures. Le volume écoulé
a été de 3,86 km³ ..... et le lac est redevenu un
fjord. |
Documents extraits de
http://ak.water.usgs.gov/glaciology/hubbard/photos/eastward_detail.htm
On sait que le pouvoir érosif d'une rivière ou d'un torrent
s'accroît énormément pendant les crues. On peut donc imaginer
l'importance de l'érosion entraînée sur les rives lors
d'une telle débâcle.
Mais un autre point doit retenir notre attention :
Le pic de débit de
54 000 m³ par seconde est le deuxième plus grand débit
de vidange brutale mesuré dans le monde aux temps historiques. Il n'a
été dépassé que lors de la débâcle
de 1986 du même lac Russel, où il
s'est élevé à 105 000 m³ par seconde.
Le lac Russel est donc un récidiviste
de ce genre de phénomène, d'autant plus qu'une telle débâcle
s'était déjà produite en 1860, selon la tradition orale
des Indiens du Yakutat.
Ceci nous paraît tout à fait normal, les mêmes conditions
produisant les mêmes effets, mais nous reviendrons un peu plus bas sur
cette constatation.
Toutefois, on peut remarquer que le Hubbard est
un glacier "vêlant", c'est-à-dire
que sa langue terminale flotte. Que se passerait-il si ce n'était pas
le cas ?
A peu près la même chose, car plus près de nous, dans
les Alpes cette fois, des débâcles
analogues se sont produites. Nous leur avons consacré une page
écoulement des lacs glaciaires, sur laquelle nous ne reviendrons
ici que pour en citer les conclusions.
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LES
DEBACLES DU GIETRO .....
Le Giétro est un glacier valaisan qui, lors de ses crues, vient obturer la vallée de la Dranse. Entre 1806
et 1818, il donna naissance à un lac au fond du Val
de Bagnes, lac long de 2 km. Conséquence
secondaire probable, selon nous, de cette débacle,
création ou amplification du versant
d'érosion situé en face du glacier, les Rochers
de Pierre à Vire. Egalement
en Suisse, mais cette fois sur
la rive gauche du célèbre glacier d'Aletsch,
à 7 km en aval de la Concordiaplatz,
s'embranche la courte vallée de Märjelen
. |
EN CONCLUSION
La débâcle d'un lac glaciaire,
avec ses conséquences désastreuses et ses effets érosifs
brutaux apparaît donc comme présentant souvent r un caractére
cyclique.
Celui-ci, bien entendu, peut résulter de phases successives dans
le mouvement du glacier, oscillant entre avancées et reculs.
Mais on peut également penser que, tout particulierement dans le
cas des glaciers alpins dont la langue terminale ne flotte pas et repose
sur le sol, les cycles peuvent se produire sans mouvement appréciable
du front glaciaire, par succession des phases suivantes:
On conçoit
que la répétition de telles débâcles,
génératrices d'érosions intenses, constitue un mode
d'érosion glaciaire très important.
Mais il y a beaucoup plus spectaculaire encore ! Certaines débacles
ont donné naissance à
des écoulements dont le débit dépasse l'imagination,
telle celle du lac Missoula (Etat de Washinton,
USA), responsable des scablands ou
encore celle de l'Altaï (Russie).
Nous leur avons consacré uns page spéciale Les
débacles gigantesques.