LES VERSANTS D'EROSION GLACIAIRES D'ORNON
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Le versant d'érosion de la Buffe (repéré 4) semble toutefois faire exception : il culmine à 1780 m, nettement plus bas que l'altitude du glacier rissien de la Lignarre, qui s'élevait à 1850/1900 m environ, ainsi que le montre la carte suivante :


Pour plus de détails, voir la page Le bassin du Drac.

Quelle peut être la cause de cette divergence avec les résultats précédents ?


Les deux versants d'érosion d'Ornon (vallée de la Lignarre

L'observation plus attentive du paysage montre qu'en réalité, outre le versant d'érosion très impressionnant de la Buffe (4), il en existe un autre (4 bis), situé un peu plus à l'ouest et un peu plus haut et qui culmine, lui, aux environs de 1850 m.



Ce versant d'érosion d'Ornon 4 bis est moins spectaculaire que son voisin de la Buffe, dont les schistes aux reflets argentés monopolisent le regard. Son aspect est beaucoup plus "patiné" et il est envahi par endroits, par la végétation.

Le versant d'Ornon nous paraît avoir été créé par le glacier rissien, qui s'élevait ici à 1850 / 1900 m, alors que celui de la Buffe est à rapporter au glacier würmien, une centaine de mètres plus bas.
L'existence de ces deux versants d'érosion de la Buffe et d'Ornon conforte donc bien la règle que nous venons d'énoncer : les sommets des versants d'érosion se situent à quelques dizaines de mètres sous l'altitude de surface du glacier.


Mais pourquoi les deux glaciations rissienne et würmienne ont-elles créé ici deux versants d'érosion distincts alors que, dans le cas général, ils sont confondus ?
La cause est à rechercher, nous semble-t-il, dans les conditions très particulières de circulation de ces deux glaciers dans cette vallée.

Ainsi que nous l'avons vu à la page Altitude atteinte par les glaciers dans le bassin du Drac, au maximum du Riss, la vallée de la Lignarre était parcourue, du sud vers le nord, par un glacier provenant du Rochail. Au droit d'Ornon, l'altitude des glaces était donc supérieure à celle que l'on observait dans l'ombilic du Bourg d'Oisans.
Durant le Würm, par contre, l'écoulement se faisait du nord vers le sud, de la Romanche vers le Drac.
Toujours au droit d'Ornon, la différence de niveau H entre les deux glaciers était donc supérieure à la valeur h qu'elle présentait dans l'ombilic ; on peut l'estimer à une centaine de mètres au lieu d'une cinquantaine.

Nous voyons là une explication au fait que, dans cette vallée de la Lignarre les versants d'érosion rissien et würmien sont distincts alors que, dans l'ombilic du Bourg d'Oisans, il n'est pas possible de distinguer clairement l'action des deux glaciations.