Communication présentée aux Journées de la section Glaciologie - Nivologie de la
Société Hydrotechnique de France le 31 mars 2010
par Claude Beaudevin
UTILISATION DE L'ANALYSE MORPHOLOGIQUE GLACIAIRE
POUR LA DETERMINATION DE L'ALTITUDE ATTEINTE PAR LES GLACIERS ANTE-RISSIENS DANS LES ALPES
PREMIERE PARTIE
GENERALITES
1 - Traces des glaciations antérissiennes dans les Alpes
Tel un antique palimpseste, la montagne a conservé les traces des glaciations anciennes les plus profondément gravées sur ses flancs, celles qui ont pu résister au passage des millénaires, voire des millions d’années : ce sont les "sites témoins".
Alors que les traces des glaciers würmiens sont bien répertoriées, ainsi qu'une partie de celles des appareils rissiens, il existe peu d'études concernant les traces des glaciations antérieures.
Leurs moraines ont disparu, emportées par l'érosion, de même que les formes glaciaires mineures.
Nous rencontrerons seulement dans les paysages des reliefs d'une taille suffisante pour avoir été épargnés:
essentiellement des épaulements et des plans d'épaulement, quelques seuils et épaules et de très rares blocs erratiques.
Des ravinements, également, que nous étudierons dans une des pages suivantes.
2 - Rappels concernant les épaulements
Les épaulements sont une des formes les plus caractéristiques des vallées glaciaires.
Voici, face à face, deux épaulements dans la vallée de la Malsanne, affluent du Drac (Isère)


Il est connu que, dans le cas des deux dernières glaciations, la surface du glacier s’élevait quelques dizaines de mètres au-dessus du sommet des épaulements, valeur que nous avons prise égale à 50 mètres, pour pouvoir exploiter des résultats chiffrés.
Nous avons, dans ce qui suit, admis que, les propriétés de la glace étant les mêmes, il était possible d'utiliser la même valeur pour les glaciations plus anciennes.
L’existence des épaulements montre que l’érosion était maximum dans la tranche du glacier où ils se situaient, tranche qui s’étend de leurs sommets - donc une cinquantaine de mètres sous la surface - jusqu’à 100 ou 150 mètres en moyenne de profondeur. Nous tenterons de comprendre pourquoi dans la suite de ce site.
3 - Quelques exemples d'épaulements
Rappelons comment il est possible d'identifier un épaulement sur une carte où figurent les courbes de niveau.
Rappelons également qu'il existe deux modelés d'épaulements légérement diffèrents : épaulements simple et à pommeau.


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Un épaulement du versant est du Crêt oriental, sur Gresse-en-Vercors (Isère) |
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Voici maintenant un épaulement du second type, c'est-à-dire qui se termine, coté vallée, par une bosse - peu visible ici. Nous avons baptisé ce type d'épaulement «épaulement à pommeau », par analogie - non à l'agréable boisson normande, bien entendu - mais avec le pommeau d'une selle targuie. |
4 - Les seuils et les épaules
Ces deux formes apparentées sont , elles aussi, trés caractéristiques de la morphologie glaciaire.
Toutefois, les seuils, s'ils sont bien symptomatiques du passage de glaciers, ne fournissent d'indication d'altitude utilisable que dans le cas de la glaciation maximum.
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..... et, dans la même vallée, un autre seuil, à l'altitude de 1470 m, qui, lui, trahit le passage d'un appareil rissien venant également de l'est. |
Les épaules, horizontales sur de grandes longueurs, fournissent des valeurs plus exactes de l'altitude des anciens glaciers.
Intéressons-nous tout d'abord au massif du Vercors