6 - Diagramme des altitudes

Voici donc le résultat de cette recherche de sites dans le massif du Vercors

 

Tout d'abord on observe bien une concentration des sites entre 1425 et 1500 m, ce qui conforte notre hypothèse d'une glaciation dont le niveau de surface au pléniglaciaire s'élevait un cinquantaine de mètres plus haut, soit entre 1475 et 1550 m, glaciation que nous appellerons pour l'instant GV, nous verrons plus loin pourquoi.


Mais on voit également apparaître un certain nombre de sites groupés vers
1600  à 1675 m d’altitude, qui nous paraissent résulter d'une glaciation plus élevée, donc antérieure, qui s'élevait à 1700 m environ et que nous appellerons pour l'instant LM.

 On pourrait penser que la concentration des altitudes des sites autour d'une valeur moyenne - par exemple 1625 m pour les sites LM - résulte de la présence à cette altitude d'une couche de terrain particulièrement résistante.

Or il n'en est rien, car ces sites se placent dans des terrains très variés: calcaires tithonique et urgonien, lumachelle de l’Albien, grès aptiens ou encore schistes néocomiens. Ceci montre bien que c'est l’érosion et non la nature des roches qui est responsable de leur formation.

 

Voici quelques sites parmi les plus remarquables, dont les caractéristiques figurent sur le tableau des caractéristiques :

L’épaulement de l’arête nord du Moucherotte (D1B) bien visible depuis Grenoble

 Les tassements impressionnants qui affectent tout le versant est débutent légérement en dessous du sommet de l'épaulement, qu'ils n'ont donc pas affecté.

 

 




7 - Dénomination des glaciations : Grotte Vallier et La Moliere :


Chacune de ces deux glaciations GV et LM est plus particulièrement remarquable dans un des sites où nous l'avons rencontrée :
 

La grotte Vallier (D1A), orifice d'écoulement qui s’ouvre à 1520 m dans la face est du Moucherotte, domine Grenoble. C'est le seul site dont l'âge a pu être estimé, comme antérieur à 780 000 ans. 

 

Nous avons donc choisi ce nom pour la plus récente des deux glaciations anciennes, qui, dans les tableaux, est donc désignée par GV, pour Grotte Vallier.

Le plateau de la Molière (C5), qui domine Sassenage nous a paru, de par ses dimensions, pouvoir être utilisé comme appellation de la glaciation la plus ancienne, donc désignée LM, pour La Molière.

Est-il possible de rattacher ces deux glaciations à la succession bien connue des glaciations quaternaires ?


 

Il est tentant d'assimiler la glaciation Grotte Vallier au Mindel. Mais l’âge des concrétions de la grotte Vallier nous en empêche, puisque le dépôt des sédiments a été daté de plus de 780 000 ans. 

Nous laisserons cette question en suspens pour l'instant.

 

8 - Altitudes atteintes lors de ces deux glaciations 

L’analyse détaillée des caractéristiques des sites témoins nous a conduit à adopter les valeurs suivantes pour les deux glaciations :

- Altitude de surface du glacier Grotte Vallier :

La glaciation Grotte Vallier s'est élevée aux environs de 1570 m sur Grenoble et 1500 m sur Autrans et Lans (Isère) et, contre le Crêt oriental du Vercors, à 1620 m. 

- Altitude de surface du glacier La Molière :

 

Cette carte résume les principaux résultats obtenus, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Vercors, pour la glaciation maximum La Molière.
À noter cependant que la courbe de niveau 2000 m ne peut être considérée que comme très approximative, du fait du petit nombre de sites caractéristiques utilisés..
La courbe1740 m, blottie contre les falaises du Vercors, est plus exacte, car basée sur un plus grand nombre de sites caractéristiques.

On notera par ailleurs  les points suivants :

- de l’altitude de 1740 m sur l’arête nord du Moucherotte, à celle de 1680 m, 6 km plus loin dans la cluse de Voreppe, l’abaissement de la surface glaciaire était donc de l’ordre de 60 m, traduisant le début de la descente du glacier vers le Rhône.

- la quasi constance du niveau du glacier depuis le Mont Aiguille jusqu'à la Dent de Crolles, aux environs de 1730 à 1740 m, montre que le glacier LM s'appuyait contre ces massifs selon une de ses courbes de niveau, soulignée par un pointillé. Il s'agissait donc d’un glacier de calotte continentale, comparable à l'actuel Vatnajökull islandais et dont le sommet se situait à l’est, vraisemblablement dans le massif du Pelvoux. Il en était de même d'ailleurs pour la glaciation GV.

Plus loin du Vercors, on notera des altitudes de l’ordre de

-    2150 m au débouché du Haut Drac
- 2240 dans la haute vallée de la Bonne
- 2260 m vers le Tabor
- 2310 m vers le Taillefer
- 2080 m à Chamrousse
- 2250 m sur La Chapelle en Valjouffrey (Valbonnais)
- 1790 m à l'orée du Dévoluy
- 1870 m sous l'Obiou
- 2050 m sur Saint-Étienne-en Dévoluy

Bien entendu, les sommets dépassant ces altitudes abritaient parfois des glaciers locaux.

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