LA CORNICHE TITHONIQUE
LE CAS DU ROCHER DU BACONNET


.................................................................................................................................................................................................................................................1135513 octobre 2011.

Voici la Corniche tithonique du Vercors avec ses principaux sommets, de La Ferrière au nord au Platary au sud.




.......... et le Rocher du Baconnet, vu par Google Earth
Commençons notre visite par celui-ci.

La falaise qui couronne son versant est constituée de calcaire tithonique, contrairement à ceiie du Crêt Oriental, en calcaire urgonien, qui apparaît à l'arrière plan.

Le chaînon Rocher du Baconnet - Montagne de la Pale a vu, lors de la glaciation maximum La Molière, le glacier local du Grand Veymont rejoindre le glacier de calotte qui remplissait alors la vallée du Drac.

Au pléniglaciaire de cette glaciation, c'est lui qui avait l'avantage.
Ses glaces parvenaient alors jusqu'à la crête du Rocher du Baconnet (1808 m), mais ne la franchissaient pas. Seules ses eaux de fonte, circulant un peu sous la surface, s'écoulaient par le Gouffre de Cognière (F9) et par la Baisse du Baconnet (F8), tous deux d'altitude voisine de 1750 m.

Plus au nord, les glaces franchissaient le Pas du Serpaton (1586 m), ainsi que le montre l'existence du sommet d'épaulement F5C, à 1610 m, qui se situe sur l'arête Pas du Serpaton - Rocher du Baconnet. L'épaulement est donc orienté Nord-Sud, ce qui dénote le passage d'un glacier dans le sens Est - Ouest (le sens de l'écoulement du glacier étant fourni par la dissymétrie entre les pentes des deux versants) d'altitude 1610 + 50 = 1660 m.

Plus au nord encore, les glaces recouvraient l'arête jusqu'au sommet de la Montagne de La Pale puis jusqu'au Rocher du Bouchet. On ne s'étonnera donc pas ici de l'absence, dans le versant est, de falaise bien constituée.

Au cataglaciaire de la glaciation la Molière, le glacier local du Grand Veymont a décru plus vite que l'appareil de calotte qui occupait le bassin du Drac, du fait de leur différence d'inartie.
Le sens de circulation des glaces s'est alors inversé, permettant la pénétration du glacier de calotte par le Pas du Serpaton dans la direction de Gresse- en -Vercors, par le seuil glaciaire Rocher du Cléton - Montagne de la Pale.

Le seuil glaciaire Rocher du Cléton - Montagne de la Pale vu de Saint-Paul-les-Monétier

Des sédiments glaciaires se sont alors déposés en F6A (Pas du Serpaton) et F7 (sous ce Seuil Rocher du Cléton - Montagne de la Pale)


En enfilade, vus du Pas de Berrièves, les deux seuils glaciaires:
- au premier plan, celui Château Vert - Le Palais, datant du Riss
- au second plan le seuil Rocher du Cléton - Montagne de la Pale, que nous venons de citer, datant , lui, de la glaciation La Molière
.



Voici trois autres reliefs typique d'érosion glaciaire, situés sur le versant ouest du Rocher du Baconnet


Sous le Pas du Serpaton, deux ravins de diffluence qui se sont formés, au cataglaciaire de La Molière, plus bas que les dèpôts du Pas (F6A)

Le plan d'épaulement de la Fontaine de la Chau (F4)


Le plan d'épaulement du Pas du Serpaton (F5A)


Au pléniglaciaire de la glaciation La Molière, donc, sur l'arête sommitale du Rocher du Baconnet, les glaces du Grand Veymont restaient légèrement en dessous du niveau de la crête et ne gagnaient pas le versant est.

C'est donc le glacier du Drac qui a modelé ce versant, comme il l'a fait pour le versant est du Crêt Oriental.

En particulier, il a créé une falaise, moins haute que celle du Crêt Oriental, certes, mais qui s'allonge tout au long de ce versant est du Rocher du Baconnet..

La partie médiane de cette falaise présente une base horizontale, à l'altitude de 1670 m.


On constate que la base de cette falaise tithonique est sensiblement à la même altitude que celle du Crêt Oriental, étudié ci-dessus, qui, elle, est urgonienne.

Cela montre bien que le glacier, plus que la nature des roches et pourvu qu'il existe une couche dure surmontant des terrains plus sensibles à l'érosion, est responsable du positionnement des falaises. à condition, rappelons-le, que les pendages soient dirigés à l'opposé du glacier .

Plus au sud, ainsi que plus au nord, la base des falaises s'infléchit et son altitude décroît jusqu'à 1450 m .





L'abaissement du niveau de la base de la falaise aux deux extrémités sud et nord de ce petit massif nous semble imputable au passage, de part et d'autre du Rocher du Baconnet, du glacier du Grand Veymont, qui a creusé la vallée de St-Michel-les-Portes et modifié la forme de la montagne et l'altitude de la falaise.
C'est pourquoi cet abaissement du niveau de la falaise est plus important au sud qu'au nord, l'importance du flot de glace étant plus grande ici.

La forme en arc du Rocher du Baconnet est donc également due au passage, de part et d'autre de la montagne, de ces glaces locales du Grand Veymont.

Terminons avec ce Rocher du Baconnet pour constater que le passage des eaux glaciaires frontales du glacier du Grand Veymont par la Baisse du Baconnet a donné naissance, sur le versant est, aux remarquables Gorges du Baconnet.

Les Gorges du Baconnet, bien visibles depuis la route des Alpes, dominent le col du Fau


Vues de loin, elles semblent émaner du Grand Veymont lui-même.




Photo prise du sommet du Piquet de Nantes


Plus de détails sur ces gorges à la page Les Gorges du Baconnet

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Le massif suivant de la corniche tithonique, un peu plus au sud, est celui de l'Aubeyron - Goutaroux.

Sa situation rappelle celle du Rocher du Baconnet : du sommet de l'Aubeyron (1553 m) à celui du Goutaroux (1543 m), la crête est sensiblement rectiligne et horizontale. En contre-bas, le versant est se termine, au-dessus de 1460 m, par une falaise tithonique à base également horizontale.
Mais l'analogie se borne à cela.
Car l'altitude de la crête est assez basse pour que celle-ci ait été complétement noyée sous les glaces de la glaciation maximum La Molière.
Le processus de formation de la falaise est donc sans doute le même, mais il s'est produit plus tard, probablement à la glaciation Grotte Vallier.

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Dernier sommet de la corniche tithonique, le chaînon du Platary est dépourvu de falaises, remplacées ici par des pentes soutenues.
L'altitude de sa crête varie de 1501 à 1586 m.
Ici aussi, la crête était donc noyée au pléniglaciaire de La Molière et nous pensons que le versant est a été façonné pendant la glaciation Grotte Vallier.



Pour en savoir plus sur Les ravines d'affrontement

Pour en savoir plus sur Les chalanches

Pour en savoir plus sur Les versants d'érosion


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